- 17.03.2026
La marmotte, star estivale des montagnes
Star de nos montagnes estivales, la marmotte n’a pas de rivale pour enchanter les randonnées de nos « marmots », enfin si, peut-être Chic le chamois, la star de La Montagne Enchantée ! En tant que vedette, la marmotte sait se jouer de ses admirateurs, petits ou grands. Parfois il faut faire preuve de patience et de silence sans nous mouvoir pour l’apercevoir et parfois elle nous charme en s’approchant de nous de (trop) près. Mais que savons-nous exactement sur ce rongeur siffleur si sympathique qui vit entre 800 et 3 000 mètres d’altitude ?
La marmotte :
• Mesure de 50 à 65 cm.
• Pèse de 2,5 à 8 kgs car avant d’entrer en hibernation, elle doit doubler son poids.
• Vit de 3 à 8 ans en moyenne.
• A un angle de vision de 300 °.
• Privilégie les zones herbeuses bien ensoleillées.
• Se nourrit d’herbe, de graines, de certaines baies et de petits invertébrés (insectes, araignées, vers).
• Ne boit pas d’eau. Elle se nourrit de préférence à l’aube et au crépuscule, quand les végétaux sont gorgés de rosée.
• Dispose de 3 terriers :
o un terrier d’été pour abriter sa portée,
o un faux-terrier ou terrier de fuite pour se réfugier en cas d’urgence,
o un terrier d’hibernation où elle se regroupe en famille pour passer l’hiver.
Les terriers peuvent mesurer de 3 à 10 m de long avec un diamètre de 15 cm.
L'hibernation
Durant l’hibernation, d’octobre à mars, la température corporelle de la marmotte chute à 7 °C et son cœur ralentit à moins de 10 pulsations par minute.
Elle se réveille environ toutes les quatre semaines pour faire ses besoins. S’il fait moins de 3 °C sous terre, elle doit se réveiller et bouger pour ne pas mourir de froid.
Une espèce menacée
La marmotte se retrouve aujourd’hui confrontée à un déséquilibre de son environnement, où chaque saison est plus incertaine que la précédente.
Une espèce fragilisée par le changement climatique
Depuis les années 1990, la diminution de l’enneigement en montagne perturbe profondément la vie des marmottes. La neige joue en effet un rôle essentiel : elle agit comme une couverture isolante au-dessus de leurs terriers pendant l’hibernation. Lorsque cette protection naturelle se fait plus rare, le froid pénètre davantage dans les terriers. Les marmottes alpines, et particulièrement les femelles, doivent alors dépenser plus d’énergie pour maintenir leur température corporelle. Les hivers deviennent ainsi plus éprouvants. Ces conditions plus rudes ont un impact visible au printemps. Les femelles sortent d’hibernation plus affaiblies, avec des réserves corporelles réduites. Cela se traduit par des portées moins nombreuses, ce qui pourrait, à terme, entraîner une diminution des populations de marmottes.
Un réveil trop précoce… sans nourriture
Le réchauffement climatique modifie également le rythme des saisons. Les marmottes sortent désormais plus tôt de leur hibernation, parfois avant même que la végétation ne soit disponible. Or, à cette période, les fleurs et plantes dont elles se nourrissent n’ont pas encore poussé. Elles se retrouvent donc actives dans un environnement encore pauvre en ressources alimentaires.
Des besoins accrus, des ressources limitées
Avec une période d’hibernation plus courte, les marmottes restent actives plus longtemps dans l’année. Cela augmente leurs besoins en nourriture, au moment même où celle-ci peut manquer. Par ailleurs, le changement climatique modifie aussi la flore de montagne. Les plantes, sensibles aux variations de température et de précipitations, évoluent ou disparaissent localement, rendant l’accès à une alimentation adaptée plus incertain.
Monter plus haut… mais jusqu’à quand ?
Pour s’adapter, les marmottes peuvent encore se déplacer vers des altitudes plus élevées, à la recherche de températures plus fraîches. Mais cette stratégie a ses limites : la végétation ne suit pas toujours ce déplacement, la nourriture peut s’y faire rare et les individus vivant déjà près des sommets n’ont tout simplement plus d’espace pour monter davantage.
Quid des interactions avec les humains ?
Difficile de résister au charme d’une marmotte qui se laisse approcher de très près et fait la gourmande lorsqu’on lui donne à manger. Et ce d’autant plus que la vidéo ou la photo prise assurera de nombreux likes sur les réseaux. Et pourtant, en montagne, il est vivement déconseillé de s’approcher des marmottes et de les nourrir. Pourquoi ?
La proximité perturbe profondément leur équilibre
S’approcher des marmottes, même avec de bonnes intentions, n’est pas anodin. Habituées à la présence humaine, elles deviennent moins méfiantes et perdent leurs réflexes face aux dangers naturels. En outre, chaque interaction les détourne de leurs activités essentielles : se nourrir et rester vigilantes. Le temps passé à observer ou fuir les humains réduit leur capacité à accumuler les réserves dont elles ont absolument besoin.
L’alimentation inadaptée menace leur survie
Donner à manger aux marmottes peut sembler attendrissant, mais c’est en réalité dangereux. Leur organisme est adapté à une alimentation spécifique de montagne. Les aliments humains, souvent trop sucrés ou inappropriés, perturbent leur santé et peuvent provoquer des maladies. Or, leur survie dépend directement de leur capacité à stocker suffisamment de graisse avant l’hiver. Une alimentation inadéquate ou insuffisante peut leur être fatale.