- 23.10.2026
- Laure Deville-Sauvage
A la découverte de l'ours brun
S’il est extrêmement rare de le croiser dans nos montagnes, l’ours n’en est pas moins un compagnon très présent dans le quotidien des enfants. En peluche, en trophée, en déguisement, en héros d’une histoire, il charme et intrigue petits et grands. Alors, si on partait à sa découverte dans les Pyrénées ?
L’ours brun en 8 faits étonnants
●Un géant impressionnant. Un mâle pyrénéen peut dépasser les 200 kg et mesurer plus de deux mètres lorsqu’il se dresse sur ses pattes arrière.
●Un nez hors pair. Son odorat, plus développé que sa vue, lui permet de repérer des sources de nourriture à grande distance et de détecter son environnement sans avoir besoin de s’en approcher.
●Des empreintes presque humaines. Plantigrade, l’ours brun marche sur toute la plante de ses pieds et possède cinq doigts munis de longues griffes.
●Un gourmand plutôt végétarien. Baies, herbes, racines et glands composent une grande partie de son menu, complété par des insectes et des animaux.
●Un sommeil hivernal particulier. En tanière, son métabolisme ralentit, mais il peut se réveiller et sortir durant l’hiver.
●Des oursons minuscules. À la naissance, ils pèsent seulement 400 à 500 grammes, soit environ 500 fois moins que leur mère !
●Un grand voyageur. Le territoire d’un mâle peut couvrir plusieurs centaines de kilomètres carrés.
Autrefois, l’ours était présent dans toute la France
Aujourd’hui, imaginer un ours brun dans les Alpes ou les forêts françaises semble presque irréel. Pourtant, Ursus arctos occupait autrefois une grande partie du territoire, des plaines aux reliefs montagneux. La chasse, les persécutions et la transformation de ses habitats ont progressivement réduit son territoire, jusqu’à cantonner ses derniers représentants aux Pyrénées.
Au milieu du XXe siècle, la population pyrénéenne comptait encore environ 70 individus. En 1995, ils n’étaient plus que cinq, regroupés dans les Pyrénées occidentales. Malgré l’interdiction de la chasse à l’ours en 1962 et la création du Parc national des Pyrénées en 1967, son déclin s’était poursuivi. La disparition de ce grand mammifère semblait alors inéluctable.
Source : DREAL Occitanie, « Histoire de l’Ours brun des Pyrénées ».
Trente ans de réintroduction : une population qui progresse
Face à cette situation critique, la France a engagé un programme de renforcement de la population. Depuis 1996, onze ours originaires de Slovénie ont été réintroduits dans les Pyrénées, lors de plusieurs opérations successives, dont une en 2018 dans les Pyrénées occidentales.
Le résultat est aujourd’hui tangible. Selon le bilan 2025 du Réseau Ours brun, piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB), au moins 108 ours différents ont été détectés sur l’ensemble du massif pyrénéen en 2025, contre 96 en 2024. En tenant compte des individus qui échappent chaque année aux observations, les modèles statistiques estiment la population totale entre 109 et 143 ours, avec une valeur moyenne de 130.
Leur aire de répartition couvre environ 7 000 km², à cheval sur la France, l’Espagne et l’Andorre.
Source : OFB, « Ours Infos 2025 », rapport annuel du Réseau Ours brun, publié en 2026.
Un animal discret, au cœur d’un écosystème
L’ours brun est un animal solitaire, doté d’une grande capacité d’adaptation. Il fréquente les forêts, les zones de végétation dense, les pentes escarpées et les secteurs où la tranquillité lui permet de se nourrir et de se déplacer. Omnivore, il consomme notamment des fruits, des baies, des racines, des insectes et des végétaux, mais aussi des carcasses et des animaux qu’il capture.
Son régime alimentaire varie selon les saisons et les ressources disponibles. En dispersant certaines graines, il participe au fonctionnement des écosystèmes forestiers. Comme d’autres grands mammifères, il contribue également aux dynamiques naturelles des milieux qu’il fréquente.
Pourtant, croiser un ours demeure exceptionnel. Sa discrétion, son odorat développé et sa capacité à éviter les humains rendent les observations directes relativement rares. C’est pourquoi les scientifiques s’appuient sur des indices indirects : empreintes, poils, crottes, images de pièges photographiques et analyses génétiques.
Source : OFB, présentation de l’espèce « Ours brun » et du Réseau Ours brun.
Une cohabitation qui reste délicate
Le retour de l’ours invite à trouver un équilibre entre la préservation de cette espèce emblématique et les activités pastorales. Les attaques sur les troupeaux restent une préoccupation pour les éleveurs et les bergers, qui doivent adapter leurs pratiques pour protéger leurs animaux. En 2025, le suivi officiel a recensé 289 attaques sur le bétail pour lesquelles la prédation par l’ours n’a pas pu être écartée, avec 510 ovins prédatés sur l’ensemble du massif.
Chiens de protection, regroupement nocturne des troupeaux et dispositifs d’accompagnement contribuent à limiter les risques. L’enjeu est de faire progresser la cohabitation, en conjuguant protection de l’ours, soutien aux éleveurs et respect des équilibres de la montagne..
Source : DREAL Occitanie, bilan 2025 de la population ursine ; services de l’État, Groupe Ours, Pastoralisme et Activités de Montagne.
Une population encore fragile
Malgré sa progression, l’ours des Pyrénées demeure vulnérable. La population descend d’un nombre très réduit de survivants et dépend en partie des individus réintroduits. Cette histoire soulève une question essentielle : celle de la diversité génétique.
Lorsque les individus capables de se reproduire sont peu nombreux, les risques de consanguinité augmentent. À terme, cela peut affecter la santé, la reproduction et la capacité d’adaptation d’une population.
La progression des effectifs constitue donc une réussite réelle, mais elle ne dispense pas de poursuivre les recherches, le suivi scientifique et les efforts de conservation.
Source : OFB, « Ours Infos 2025 » ; DREAL Occitanie, bilan de l’évolution de la population en 2025.
L’ours, un emblème vivant de la montagne
Le retour de l’ours brun nous rappelle que la montagne est bien plus qu’un décor grandiose ou un terrain de loisirs : c’est un territoire vivant, riche d’une faune sauvage qui contribue à sa beauté et à son équilibre.
Sa présence nous invite à porter un regard neuf sur les forêts, les vallées et les versants que nous aimons parcourir. Préserver cet animal emblématique, c’est aussi protéger la biodiversité et transmettre aux générations futures le plaisir de découvrir une nature vivante, libre et pleine de surprises, tout en veillant à une cohabitation respectueuse avec celles et ceux qui vivent et travaillent en montagne.
Et si le plaisir de découvrir et de respecter la nature prenait racine dès l’enfance ? C’est aussi la vocation de La Montagne Enchantée, qui fait entrer l’ours dans l’univers des enfants à travers des livres, des peluches et de la décoration, pour éveiller leur curiosité et leur faire découvrir les merveilles de la montagne.
Car c’est en rêvant que l’on imagine le meilleur pour le futur. Et c’est en aimant que l’on respecte.
Partez à la découverte de l’ours au sein de La Montagne Enchantée